Glossaire

Nous utilisons dans nos recherches des concepts divers issues de disciplines multiples, telles que la psychologie, la sociologie, l’anthropologie, etc. Plusieurs de ces concepts sont utilisés dans les champs de recherche qui s’intéressent à la justice sociale.


  • Allochtones : « Le terme allochtone est utilisé pour désigner toute personne dont les ancêtres ne sont pas originaires de la terre où elles résident. Au Canada, par exemple, les personnes non-autochtones peuvent être désignées par ce terme. Aussi, le terme « Occupant‧e » peut être utiliser pour définir les personnes qui occupent un territoire dont ils ne sont pas natifs, comme les colons et leurs descendants sur l’Île de la Tortue (« Amérique du Nord ») ». (Mikana, 2022)

  • L’ Effet Matthieu se définit comme « les mécanismes par lesquels un groupe favorisé tend à entretenir et/ou accroître ses avantages par rapport à un groupe plus défavorisé Ce concept développé en sociologie par Robert K. Merton fait référence à l’évangile Saint-Matthieu, 13:12 : « On donnera à celui qui a, et il sera dans l’abondance, mais à celui qui n’a pas on ôtera même ce qu’il a » (Perc, 2014, p. 1). D’abord utilisée par Merton pour décrire la tendance dans les milieux universitaires à donner plus de visibilité aux chercheurs reconnus, la psychologie communautaire utilise maintenant ce concept pour décrire différents phénomènes reliés aux inégalités sociales ». (St-Denis, 2021)

  • Féminisme : « Large éventail de mouvements sociaux et d’idéologies fondés sur l’affirmation des droits des femmes, l’activisme collectif pour l’égalité juridique, économique et sociale entre les genres et la conviction que les femmes devraient avoir des droits et des opportunités égaux à ceux des hommes » (Lexique des termes – IREF).

  • Groupes minorisés : Le fait d’être une « minorité » n’est pas relatif à l’identité et à un état stable. Il est alors plus juste d’utiliser le terme « minorisation » pour décrire le processus par lequel les groupes majoritaires définissent les normes et relèguent les groupes qui ne s’y conforment pas en situation de « minorisation ». (Chassain et al, 2016)

  • Intersectionnalité (perspective intersectionnelle) : L’intersectionnalité réfère à l’imbrication des systèmes d’oppressions (sexisme, racisme, classisme, hétérosexisme, etc.) et aux conséquences de ces imbrications sur les différentes sphères sociales et politiques des individus (Bilge, 2015 ; Crenshaw, 2005). Par ailleurs, Bilge (2015) propose d’utiliser le concept d’intersectionnalité comme un outil d’analyse des structures de pouvoir. L’intersectionnalité ne se réduirait pas à la description des oppressions et des identités sociales qui composent chaque individu, mais bien à une analyse des domaines de pouvoir auxquels ceux-ci sont subordonnés.

  • Inégalités sociales : « Une inégalité sociale est le résultat d’une distribution inégale, au sens mathématique de l’expression, entre les membres d’une société, des ressources de cette dernière, distribution inégale due aux structures mêmes de cette société […] » (Bihr et Pfefferkorn, 2008)

  • Justice sociale : « La justice sociale est une construction politique et morale dont l’objet est la promotion de l’équité entre les individus. […] Il s’agit donc de repérer ce qui, dans notre société, fait défaut d’égalité (en termes de droits, de santé, d’insertion…) en raison d’une structuration sociale excluante ». (Saïas, 2011, p.18)

  • Méthodologie de recherche décoloniale : La méthodologie de recherche décoloniale en sciences sociales, remet en question les structures de pouvoir, historiquement ancré et vise à corriger les influences du colonialisme sur la production de connaissances. Elle met en avant la diversité épistémologique en reconnaissant que la connaissance est influencée par des contextes culturels spécifiques. La réflexivité et la positionnalité sont encouragées, incitant les chercheur·es à examiner leur propre rôle et leurs privilèges dans la recherche. De plus, cette approche s’attache à déconstruire les discours dominants qui ont marginalisé certaines voix et perspectives. Globalement, la méthodologie de recherche décoloniale cherche à créer un espace de recherche équitable, inclusif, et respectueux de la diversité culturelle, tout en contribuant à une recherche éthique et socialement responsable (Nouchi. J, 2023)

  • Multiculturalisme : Défini comme un courant de pensée, un modèle de société, une politique ou encore une stratégie d’acculturation, le multiculturalisme vise à favoriser les échanges entre la société d’accueil et les personnes migrantes. Il facilite les rapprochements entre la culture du pays d’accueil ainsi que celles des nouveaux arrivants et leur permet de co-exister. Les sociétés dites multiculturalistes proposent ainsi aux personnes migrantes de conserver leur culture et leurs traditions (Clavel. C, 2023).

  • Oppression :  L’oppression est définie comme un état de domination dans lequel les personnes oppressées souffrent des conséquences de l’exclusion, de la discrimination, de l’exploitation, du contrôle, de la privation et même de la violence (Prilleltensky, 2008). L’oppression entraine des relations de pouvoir asymétriques et a des dimensions politique et psychologique.

  • Personnes racisées : « Personne qui appartient, de manière réelle ou supposée, à un des groupes ayant subi un processus de racisation. La racisation est un processus politique, social et mental d’altérisation.[…] Ainsi, le terme « racisé » met en évidence le caractère socialement construit des différences et leur essentialisation. Il met l’accent sur le fait que la race n’est ni objective, ni biologique mais qu’elle est une idée construite qui sert à représenter, catégoriser et exclure l’ « Autre » » (Pierre, 2017)

  • Perspective critique : L’analyse critique des problématiques sociales vise à comprendre les conditions de vie des personnes et les problèmes de manière systémique plutôt qu’individuelle. Elle invite à analyser de manière critique les idéologies dominantes. Cette analyse critique permet de mieux comprendre comment les oppressions et les relations de pouvoir s’opèrent et agissent dans la vie des individus. Elle renvoie donc à l’analyse des conditions d’oppression sociales et structurelles ainsi qu’à leurs effets (Danso, 2007; Mullaly, 2010). De surcroit, l’analyse critique accorde de l’importance à l’identification et à la compréhension des multiples sources d’oppression qui interagissent pour produire des effets néfastes. (Comtois. J, 2020)

  • Psychologie communautaire : « La psychologie communautaire s’intéresse aux interactions des individus avec les environnements ou systèmes sociaux auxquels ils appartiennent, qu’il s’agisse de communautés culturelles, économiques, géographiques ou historique, ou encore de populations définies à partir de leurs utilisations des services. La psychologie communautaire vise essentiellement le bien-être des individus et des communautés et se concentre principalement sur les personnes en situation de vulnérabilité, de même que sur les systèmes sociaux qui influencent cette vulnérabilité. » (Site de la section de psychologie communautaire de l’UQÀM)

  • Relations de pouvoir : Le pouvoir, tel que défini par Prilleltensky (2008), est la combinaison entre la capacité et l’opportunité d’influencer des événements. Le pouvoir n’est pas quelque chose que l’on peut posséder, mais est plutôt une force présente dans tout et partout : dans les relations interpersonnelles, dans les organisations, entre diverses communautés, entre divers états, etc. (Nelson & Prilleltensky, 2010)

  • Universalisme proportionné : L’universalisme proportionné est un principe qui consiste à offrir des interventions universelles de santé tout en éliminant les barrières d’accès afin d’éviter l’augmentation des inégalités en matière de santé. L’objectif de cette cible d’intervention est d’accroître le soutien (soit par la modalité, ou la densité de services offerts) selon les besoins des différents sous-groupe de la population. (Poissant, 2015)

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